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Facturation électronique gratuite : ce qui l'est vraiment, et ce qui ne l'est pas

L'intention est légitime : ne pas payer pour se mettre en conformité. La réponse honnête est moins simple qu'un oui ou un non — et elle tient en une phrase : l'État vous donne l'adresse, pas le facteur.

Mise à jour le 9 août 2026 · Sources officielles citées en bas de page · Aucune donnée estimée
Ce que la DGFiP dit, et ce qu'elle ne dit pas Elle dit que « les entreprises assujetties devront recourir aux services d'une plateforme agréée » et elle publie la liste officielle de ces plateformes. Elle ne publie aucun tarif. Il n'existe donc pas de « prix officiel » de la facturation électronique, et personne — nous compris — ne peut vous annoncer un tarif garanti sans l'avoir vérifié plateforme par plateforme.

Trois choses sont gratuites. Une ne l'est pas.

ÉlémentCoût
L'annuaire des destinataires — le routage de vos factures via votre SIREN Mis à disposition par l'État
La liste officielle des plateformes agréées — pour vérifier qu'un prestataire est bien immatriculé Publique et gratuite
L'information réglementaire — guides, FAQ et fiches de la DGFiP Gratuite
Le raccordement à une plateforme agréée — émettre, transmettre, recevoir Fixé par chaque plateforme

Autrement dit : l'État vous donne l'adresse, pas le facteur. Le passage par une plateforme agréée est une obligation réglementaire, et son tarif relève d'un contrat privé.

La question à poser n'est pas « c'est gratuit ? » mais « gratuit jusqu'où ? »

Une offre d'entrée gratuite est parfaitement plausible pour une micro-entreprise qui émet quelques factures par mois. Le piège n'est pas le prix affiché : c'est le seuil au-delà duquel il cesse de s'appliquer. Avant de vous engager, vérifiez ces sept points — par écrit, auprès de la plateforme, pas depuis une page marketing.

  1. Le volume. Combien de factures émises et reçues par mois avant bascule vers un plan payant ?
  2. La réception. Est-elle incluse ? C'est votre seule obligation au 1er septembre 2026, et certaines offres ne facturent que l'émission.
  3. L'e-reporting. Est-il inclus, ou facturé en supplément ? Si vous vendez à des particuliers, ce n'est pas une option.
  4. L'archivage. Sur quelle durée, et que devient l'archive si vous partez ?
  5. Les formats. La plateforme convertit-elle vers UBL et CII, ou attend-elle que votre logiciel le fasse ?
  6. La sortie. Pouvez-vous récupérer vos factures dans un format exploitable, sans frais ?
  7. L'immatriculation. Le prestataire figure-t-il bien sur la liste officielle des plateformes agréées ? Une « solution compatible » n'est pas une plateforme agréée.
Le point 7 est celui qui fait la différence. La DGFiP distingue les plateformes agréées, immatriculées, et les solutions compatibles, qui peuvent produire un format conforme mais ne peuvent pas assurer certaines fonctions sans être immatriculées. Un outil de facturation gratuit qui génère un beau fichier UBL ne vous met pas en conformité s'il ne transite pas par une plateforme agréée.

Ce que nous ne vous dirons pas

Nous ne publierons pas de classement de plateformes « gratuites » tant que nous n'aurons pas relevé chaque tarif à la source, sur la liste officielle et auprès des plateformes elles-mêmes. Les comparatifs qui circulent aujourd'hui mélangent des offres d'appel, des tarifs promotionnels et des prestataires qui ne sont pas immatriculés.

En attendant, la seule liste sur laquelle vous pouvez vous appuyer sans risque est celle de la DGFiP : consulter la liste officielle des plateformes agréées. C'est la seule source qui fasse foi sur la question « ce prestataire est-il habilité ».

Et si je ne fais rien ?

Le coût du « gratuit par abstention » est chiffré : 500 € trois mois après une mise en demeure pour ne pas pouvoir recevoir, puis 1 000 € par période de trois mois. Et 15 € par facture non émise au format électronique, dans la limite de 15 000 € par an. Toute offre payante en dessous de ces montants est, arithmétiquement, moins chère que l'inaction.

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Le reste du dossier

Questions fréquentes

La facturation électronique est-elle gratuite ?

Partiellement. L'annuaire des destinataires est mis à disposition par l'État, et la liste des plateformes agréées ainsi que la documentation de la DGFiP sont publiques et gratuites. En revanche, le recours aux services d'une plateforme agréée est obligatoire et son tarif est fixé librement par chaque plateforme : la DGFiP ne publie aucun tarif.

Existe-t-il un logiciel de facturation gratuit conforme à la réforme ?

Un logiciel gratuit peut produire un fichier au format conforme, mais cela ne suffit pas : la facture doit transiter par une plateforme agréée immatriculée. La DGFiP distingue les plateformes agréées des simples solutions compatibles, qui ne peuvent pas assurer certaines fonctions.

Comment vérifier qu'une plateforme est bien agréée ?

En consultant la liste officielle des plateformes agréées publiée par la DGFiP sur impots.gouv.fr. C'est la seule source qui fasse foi sur l'immatriculation d'un prestataire.

Quelles questions poser avant de choisir une offre gratuite ?

Le volume de factures inclus avant bascule payante, si la réception est incluse, si l'e-reporting est inclus, la durée d'archivage et son sort en cas de départ, la conversion de formats UBL et CII, la récupération de vos factures sans frais, et l'immatriculation du prestataire sur la liste officielle.

Combien coûte le fait de ne rien faire ?

500 € trois mois après une mise en demeure restée sans effet pour absence de plateforme de réception, puis 1 000 € par période de trois mois supplémentaire. Et 15 € par facture non émise au format électronique, plafonnés à 15 000 € par année civile.

Sources. Toutes les dates, montants et règles de cette page proviennent de impots.gouv.fr — Je découvre la facturation électronique, de la FAQ officielle de la DGFiP et de la liste officielle des plateformes agréées (page mise à jour le 6 août 2026). Cette page est une information générale : elle ne remplace ni l'avis de votre service des impôts des entreprises, ni celui de votre expert-comptable.